Commerce-exterieur

L’ambition du gouvernement de rééquilibrer à terme la balance commerciale ne serait pas irréaliste. La constante baisse du déficit, comme le confirment les derniers chiffres de l’Office des changes, plaide en sa faveur. Encore faut-il que les factures énergétique et alimentaire du pays continuent à se réduire et les exportations prospérer sur un marché mondial toujours plus demandeur.

Peut-on accorder du crédit à l’ambition du département du Commerce extérieur d’en finir un jour avec le déficit de la balance commerciale ? À regarder de près l’évolution des échanges ces dernières années, cet objectif, qui devra être inscrit dans la nouvelle stratégie de développement du commerce extérieur en cours d’élaboration pour la période 2016-2020, ne serait pas une simple vue de l’esprit. Le déficit commercial, qui avait atteint des niveaux alarmants, dépassant même les exportations, ne fait que reculer ces dernières années. L’exercice en cours ne déroge pas à cette tendance, contribuant grandement au maintien de ce cycle vertueux. Le déficit a, en effet, fondu de près de 26,7 milliards de DH en huit mois, passant de 130,7 milliards à fin août 2014 à 104 milliards seulement au terme des huit premiers mois de 2015, soit une amélioration de 20,4%.

Le taux de couverture des importations par les exportations gagne ainsi 7,2 points, montant à 57,8%.
Ce renversement de tendance s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs, aussi bien endogènes qu’exogènes. Il s’agit notamment de la salutaire baisse des prix du pétrole sur le marché mondial, qui se poursuit et dont l’effet est très net dans la balance commerciale ; mais également les fruits des efforts de l’industrialisation du pays enclenchée ces dernières années, ainsi que la reprise des exportations de phosphate.
Les résultats préliminaires des échanges extérieurs de l’Office des changes à fin août qui font état d’une progression des exportations (6,6% à 142,5 milliards) et d’une baisse des importations (-6,7% à 246,5 milliards) retracent bien l’impact de ces facteurs. Ainsi, le repli des importations s’explique essentiellement par la régression des approvisionnements en produits énergétiques qui ont diminué de 30% à 46,09 milliards, dont le pétrole brut (-46,9% à 10,84 milliards). Il est également attribué au reflux des achats de produits alimentaires (-14,8 à 25,11 milliards).

Les statistiques de l’Office des changes font aussi état d’un accroissement des acquisitions de biens d’équipement (+7,2% à 57,36 milliards). C’est le signe que les entreprises investissent.
S’agissant de la progression des exportations, elle provient de la nette amélioration des ventes de phosphates et dérivés (+18% à 30,11 milliards) et du secteur automobile (+15% à 30,52 milliards), ainsi qu’à l’accroissement des expéditions du secteur agricole et agroalimentaire (+11,8 à 28,49 milliards). L’industrie pharmaceutique se défend relativement bien (+4,1%), alors que l’aéronautique (-1,1%), l’électronique (-1,4%) et le textile&cuir (-1,7%) font grise mine.

lematin

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